mardi 10 décembre 2013

Norbert Reithofer : à la tête d’une firme à part

Au moment de lancer sa gamme de véhicules tout-électriques, BMW s’apprête à connaitre un véritable bouleversement. Son PDG a répondu aux questions des Echos le 2 décembre, et aborde cette rupture technologique tout en revenant sur la situation à part de firme bavaroise.





L’électro-mobilité, une rupture pour l’industrie automobile


Tout en assumant le positionnement premium de sa marque, M. Reithofer insiste sur la généralisation de l’électricité dans le secteur automobile ainsi que sur la densification du trafic automobile. En la matière, il se veut réaliste et assure que BMW est en mesure de répondre pleinement au défi du marché automobile de demain. En ce qui concerne par exemple la supposée faible autonomie des véhicules, il affirme ainsi qu’après une étude réalisée suite à une série de tests, « nous avons constaté que les véhicules parcourent seulement 60 kilomètres par jour en moyenne. Parmi ceux qui ont testé la voiture, 97% ont dit que l’autonomie du véhicule électrique était largement suffisante. » S’il reconnait un coup initial en recherche et développement élevé de la gamme i, c’est également parce qu’il s’agit d’un « projet d’apprentissage », dont les fruits seront également utilisés pour les futures générations de véhicules. La mobilité électrique semble par ailleurs constituer pour lui un véritable impératif en termes de stratégie : à ce titre, les pouvoirs publics européens se montrent peu incitatifs envers les constructeurs, notamment en termes de crédits octroyés, notamment au regard du support dont bénéficient certaines industries américaines.

Euro fort et compétitivité : BMW peut faire face

A ce titre, l’Union Européenne, mais également l’euro sont des leviers considérables aux yeux du PDG de BMW. Si Bruxelles manque parfois, selon lui, d’esprit de concertation, notamment en matière d’objectifs de réduction d’émissions de gaz à effet de serre, il n’en demeure pas moins vrai que BMW doit également une grande partie de son succès européen grâce à la construction européenne. En outre, BMW souffre quelques peu de la baisse de rentabilité de sa production. Sur de nombreux marchés, dans le secteur du haut de gamme, les prix sont également revus à la baisse, alors que les coûts de développement continuent d’augmenter. Malgré tout, M. Reithofer continue à viser une marge opérationnelle de 8 à 10% pour 2020. En ce qui concerne les alliances stratégiques dans un marché dominé par les groupes et les partenariats, le patron de la firme bavaroise se veut également confiant : si la situation de BMW parait singulière chez les constructeurs européens, notamment en terme de partage de coût de recherche et développement, il estime que BMW peut se passer d’une alliance globale, et souligne par ailleurs que la marque dispose de partenariats ciblés, notamment avec Daimler, Toyota, mais également PSA. Ces partenariats concernent aussi bien la motorisation que l’achat de fournitures. Il finit d’ailleurs par résumer ainsi : « L’un de mes prédécesseurs disait souvent : ce ne sont pas les grands qui battent les plus petits, mais les plus rapides qui dépassent les plus lents. »