Lumière sur Steve Ballmer, lieutenant tonitruant de Bill Gates

Steve Ballmer est à la tête de Microsoft depuis 2000 après le retrait de son fondateur, Bill Gates.

Wolfgang Schreiber, PDG de Bugatti, et la persistance du luxe automobile français

Bugatti reste une référence dans le monde de l'automobile. Auréolée par plus de 10 000 victoires en course, un record jamais égalé, cette firme tricolore basée à Molsheim, en Alsace, incarne aujourd'hui encore cet esprit de sportivité et de faste hérités de son flamboyant passé.

L'efficacité énergétique selon Gilles Schnepp, PDG de Legrand

Legrand est un acteur important dans la domotique et les équipements électriques des bâtiments.

Yahoo! et la croissance externe à marche forcée

Pour la première fois depuis deux ans, l’entreprise californienne devance son grand rival Google.

Alain Pons et les ambitions de Deloitte

L’arrivée d’Alain Pons à la présidence de la direction générale de Deloitte France en juin 2010 a changé les perspectives du très réputé cabinet d’audit.

lundi 30 mars 2020

Covid-19: l'Allemagne rompt avec sa légendaire orthodoxie en matière de discipline budgétaire




La pandémie du Coronavirus n'a pas fini de déstabiliser les économies et l'organisation de plusieurs États à travers le monde, notamment en Europe. Et l'Allemagne, ce géant du vieux continent n'a pas échappé à la règle. Ce lundi, le gouvernement allemand a adopté un ensemble de mesures, estimées à des centaines de milliards d'euros, pour sauver le pays des impacts de la pandémie. Dans le cadre de ce plan d'aide économique inédit, le pays a également décidé d'emprunter 156 milliards d'euros, suspendant ainsi toutes les contraintes budgétaires qu'il s'était fixé, depuis bien longtemps.

Berlin était connu pour sa rigueur en matière de comptes publics. Les ministres des finances de toute obédience politique ont toujours bien appliqué et défendu ce dogme allemand, à l'instar d’Olaf Schloz, l'actuel ministre fédéral des finances, qui prônait " le zéro déficit". "Notre objectif est de présenter un budget à l’équilibre", serinait-il depuis sa nomination.  D'ailleurs depuis 7 ans, l'Allemagne affichait des excédents budgétaires. Aujourd'hui, dans le contexte de la crise sanitaire actuelle, le son des clochettes allemandes a changé et la position du  gouvernement sur la question est devenue " il ne doit y avoir aucun tabou " pour sauver la nation.

Tous les moyens sont bons...

En 2011, le frein à l'endettement devient effectif dans la gestion financière publique allemande et "interdit"  à l'Etat de contracter des dettes dépassant 0.35 % du PIB. Toutefois une dérogation été prévue en cas de situations exceptionnellement critiques comme celle vécue en ce moment.

"Nous allons faire tout ce qui est nécessaire pour défendre les entreprises et les emplois (...) Nous lutterons contre cette crise affectant les soins de santé pour nos concitoyens ou l'activité économique dans ce pays" a clamé Scholz, démontrant que la première économie européenne allait utiliser tous les moyens qu'elle avait en sa possession, même s'il devait abandonner sa rigueur budgétaire légendaire. 

Et l'économie germanique en aura grandement besoin d'ailleurs. Peter Almaier ministre de l'économie, révélait récemment en conférence de presse, que le pays s'attendait à une récession "d'au moins 5% en 2020 alors qu'ils tablaient sur un progrès du PIB DE 1.1% cette année.

...Pour sauver le pays

Les entreprises nationales très portées sur l'exportation ont été mises en difficultés par les mesures restrictives déployées dans beaucoup de pays pour tenter de limiter le virus. Pour les aider à tenir face à la situation, le gouvernement met un place un plan de sauvetage -sans précédent depuis la seconde guerre mondiale-   et annonce une future enveloppe de 822 milliards d'euros sous forme de prêts pour soulager les entreprises et les salariés affectés. Cette somme servira pour les grands établissements à remettre leur trésorerie à un niveau acceptable et à consolider leur capital. Pour les employés indépendants et les petites entreprises contraints d'arrêter ou de ralentir leurs activités, les mesures prises vont les aider financièrement et aussi faciliter le recours au chômage technique.

L'Etat n'exclut pas aussi d'utiliser ces fonds pour  nationaliser provisoirement et en partie des entreprises stratégiques qui seraient menacées de faillite.

Corona: Paris et Rome n'excluent pas l'éventualité d'une nationalisation



La crise commence sérieusement à miner la croissance économique mondiale, notamment en Europe. Depuis, les gouvernements travaillent sans relâche, à la recherche de stratégies pour atténuer les effets de cette pandémie. En France, le Ministre des finances, Bruno Lemaire, a annoncé ce mardi, être prêt à recourir à "tous les moyens"  y compris à la nationalisation pour sauver les entreprises du pays en danger. En attendant l'Italie est décidée à ouvrir le bal en prenant le contrôle  de la compagnie aérienne Alitalia.

Tout envisager pour surmonter ce ralentissement économique

Bercy affûte ses armes et compte mettre en branle son offensive. Aucun plan économique de sortie de crise ne sera laissé en rade, et ce, même s'il n'est pas en accord avec les politiques économiques traditionnelles françaises ou même européennes. C'est ce qui ressort des propos de Bruno Le Maire sur BFM Business.
 "Je n’hésiterai pas à employer tous les moyens qui sont à ma disposition pour protéger les grandes entreprises françaises. Ça peut passer par la capitalisation, par les prises de participation. Je peux même employer le terme de nationalisation si nécessaire (...)  Nous protégerons notre patrimoine industriel, (...) il n'est pas question de voir des grandes entreprises françaises disparaître " à cause du Covid-19, a-t-il indiqué durant l'entretien téléphonique.

Il faut dire qu'avec la situation alarmante de grandes entreprises a de quoi inquiéter le gouvernement et la population. La flotte d'Air France est clouée au sol, et Renault, PSA, Michelin et bien d'autres géants sont à l'arrêt.

D'ailleurs le ministre n'a fait qu'emboiter le pas au Président de la République qui annonçait dans une allocution, le 12 mars, "tout sera mis en œuvre pour protéger nos salariés et pour protéger nos entreprises, quoi qu'il en coûte". Pour ce faire, Paris va décaisser 45 milliards d'euros en guise de soutien aux industries en difficulté. Les 3/4 de cette somme serviront aux reports ou annulations de charges fiscales et sociales.

En tout cas une guerre économique semble se dessiner à l'horizon selon Le Maire. " Il y a aussi une guerre économique et financière. [...] Elle sera durable, elle sera violente, elle doit mobiliser toutes nos forces. (...) La guerre économique et financière, c'est une affaire de mois. Il faudra donc du temps pour faire redémarrer l'économie, pour lui redonner toute sa puissance" a-t-il avancé. Il ne faut cependant pas oublier que les nationalisations ne sont pas recommandées dans l'Union européenne, de quoi s'interroger sur sa possible effectivité en Métropole.

L'Italie donne le ton

 «Ce n'est pas une situation facile, cette expérience [du coronavirus] m'a renforcée dans l'idée qu'une compagnie nationale est stratégique pour notre pays», a indiqué Paola De Michelli, la ministre des Transports italienne. Cette déclaration entre dans un contexte de relance économique de la compagnie aérienne Alitalia grâce à la machine publique. Rome envisage de mettre un fonds de 600 millions d'euros, à la disposition de l'ensemble du secteur aéronautique italien dont Alitalia est le fleuron. Afin de relever  financièrement cette entreprise si stratégique qui a longtemps été en faillite, l'Etat a décrété "la création d'une nouvelle société entièrement contrôlée par le Ministère de l'économie et des finances ou contrôlée par une société à participation majoritairement publique, y compris indirectement".

vendredi 6 mars 2020

Le Chinois Jingye rachète British Steel sans l'usine d'Hayange


Le groupe chinois Jingye annonce la finalisation de l'acquisition de British, ce mardi, et sauve le groupe sidérurgique de la faillite, pour un montant secret estimé entre 58 et 81 millions d'euros. Cependant n'ayant toujours pas de réactions de la part du gouvernement de Matignon, la transaction n'inclue pas pour l'instant, British Steel France et son usine à Hayange.

Incertitudes sur la position du gouvernement français

Jingye n'a jamais renoncé à l'usine d'Hayange en  Moselle. D'après les dirigeants les réticences viennent de Paris puisqu'ils affirment que le gouvernement français n’a pas encore rendu son avis ou dit quand il comptait le donner.

En effet les autorités françaises considèrent le site d'Hayange comme une entreprise stratégique, à ne laisser qu'entre des mains "sûres" locales ou européennes de préférence. La société de sidérurgie qui emploie 450 personnes, est le principal fournisseur de rails de la SNCF, donc elle est très rentable. Ce qui pourrait expliqué que le ministère français de l’Economie n'ait  pas encore donné son feu vert à Jingye, espérant un acheteur qui corresponde davantage à ses attentes.

Quoiqu'il en soit le groupe chinois garde toujours espoir d'après son directeur Li Huiming: "nous sommes toujours intéressés par le rachat de l’usine d’Hayange qui, nous en sommes persuadés, a un bel avenir au sein d’un groupe unifié, et espérons une décision positive des autorités françaises prochainement".

Un avenir radieux pour British Steel

Jingye déclare avoir accepté la suggestion du liquidateur public (Official Receiver) avec le soutien du gouvernement britannique d'opérer les transactions étapes par étapes, d'abord avec les actifs britanniques et néerlandais puis les actifs français.

La transaction qui se concrétisera ce 9 mars va "préserver 3 200 emplois qualifiés à Scunthorpe (la principale usine du groupe anglais, ndlr), à Teesside et ailleurs (Pays-Bas)" informe le patron de Jingye, qui ajoute que la finalisation de cette opération permettra de "débloquer un investissement promis de 1,2 milliard de livres pour moderniser le site et améliorer son efficacité énergétique ". 

Le groupe chinois s'est aussi félicité de l'acquisition en ces termes « ces aciéries existent depuis 150 ans et nous sommes heureux de pouvoir collectivement permettre à British Steel de se bâtir un avenir de succès pour beaucoup d’années à venir".

Le syndicat britannique Unite partage également le même avis. Il a d'ailleurs salué l'accord à travers un communiqué où il souligne : "les membres d’Unite (qui sont employés de) British Steel vont se sentir soulagés aujourd’hui que l’accord soit finalement confirmé (...) les vies des travailleurs concernés et de leurs familles étaient en suspens depuis les 10 mois ayant suivi la faillite du groupe".  In fine l’accord semble bien contenter les principales parties prenantes de l'affaire.

Golden Visa: Londres tire son épingle du jeu au détriment des territoires moins nantis


A la fin de 2019, le Royaume Uni avait octroyé deux fois plus de « golden visa » que l'année précédente. Ce qui a représenté, environ 1 milliard de dollars d’investissements directs à l’étranger.


Malheureusement beaucoup d'industriels considèrent que toutes les régions britanniques n'en profitaient pas au même titre et que cette manne était mal répartie.


Un déséquilibre des investissements

En Angleterre un investisseur étranger peut obtenir un golden visa pour lui-même ou des personnes à sa charge en investissant 2 millions de livres sterling dans des sociétés. Cette année, c'est 360 personnes qui ont été sélectionnées pour l'obtention du niveau 1 de visa d’investisseur au RU. Cette hausse de candidatures explique un record d’investissement de près de 720 millions de livres sterling (soit 837 millions d’euros) pour les visas.

Généralement, les candidats au golden visa choisissent des domaines fiables pour investir. Ainsi beaucoup préfèrent placer leurs fonds dans des obligations d'entreprises ou d’investissements. Il y a un an, le Bureau de l’intérieur anglais, a décidé d'exclure les obligations d’État du programme afin que  ces capitaux soient affectés aux secteurs économiques qui le nécessitent.

Sauf que cette mesure n'a pas eu le succès escompté selon Farzin Yazdi, patron d’Investor Visa à Shard Capital, « il n’y a pas eu de transition vers des investissement à haut risque, petits risques. Cela est principalement dû au fait que la plupart des candidats ne répondent pas aux critères d’admissibilité, et l’objectif principal est leur visa. Chris Kaelin qui est à la tête de Henley & Partners a également  abondé dans le même sens et qualifie le programme de « gachis » car il le trouve inadapté et sans pertinence pour le pays.

Londres, la grande gagnante

La majorité des richesses étrangères du RU repose à Londres. D'une part,  la plupart des investissements est quasiment entre les mains de gestionnaires de patrimoine basés dans la capitale; et d'autre part ces demandeurs du niveau 1, choisissent souvent des quartiers londoniens pour investir dans l'immobilier de luxe.

Cette situation accentue les inégalités (accès aux soins, espérance de vie...) et déséquilibre fortement l'économie britannique qui est en manque de financement. Beaucoup se ruent vers la vielle métropole qui capte le gros de l'argent. D'ailleurs un rapport de Sutton Trust la baptise "’épicentre des élites".

Inciter les investissements en dehors de la capitale.

Il apparaît donc que les investissements pour l'obtention du niveau 1 de visa d'investisseur profitent peu aux zones économiques défavorisées du royaume. Pour corriger cette mauvaise répartition, il faudrait encourager les candidats à miser leurs fonds hors de la cité londonienne, surtout avec le Brexit qui va offrir davantage d'opportunités au RU.

Chris Kaelin considère qu' "il serait facile de concevoir un programme et dire « d’accord, M. Russe, M. Sud-Africain, M. Américain et M. Asiatique, vous êtes les bienvenus. Vous mettez 2 millions de livres à Cornwall, dans le nord et partout où nous avons besoin d’investissements (...) Il serait préférable de dire aux étrangers d’investir dans le nord de l’Angleterre. Ils pourraient toujours avoir leur maison à Londres s’ils le souhaitent, mais au moins l’investissement n’exacerberait pas les prix déjà élevés".