Lumière sur Steve Ballmer, lieutenant tonitruant de Bill Gates

Steve Ballmer est à la tête de Microsoft depuis 2000 après le retrait de son fondateur, Bill Gates.

Wolfgang Schreiber, PDG de Bugatti, et la persistance du luxe automobile français

Bugatti reste une référence dans le monde de l'automobile. Auréolée par plus de 10 000 victoires en course, un record jamais égalé, cette firme tricolore basée à Molsheim, en Alsace, incarne aujourd'hui encore cet esprit de sportivité et de faste hérités de son flamboyant passé.

L'efficacité énergétique selon Gilles Schnepp, PDG de Legrand

Legrand est un acteur important dans la domotique et les équipements électriques des bâtiments.

Yahoo! et la croissance externe à marche forcée

Pour la première fois depuis deux ans, l’entreprise californienne devance son grand rival Google.

Alain Pons et les ambitions de Deloitte

L’arrivée d’Alain Pons à la présidence de la direction générale de Deloitte France en juin 2010 a changé les perspectives du très réputé cabinet d’audit.

samedi 14 décembre 2013

Classement PDG de la Tuck School : pour le meilleur et pour le pire


Sydney Finkelstein, professeur à la Tuck School of Business a publié son classement annuel de la liste des pires et des meilleurs PDG de 2013. Jeff Bezos, patron d’Amazon, et Eike Batista se distinguent tous les deux particulièrement dans ce palmarès. L’un en bien, l’autre en mal.


Jeff Bezos, au sommet

Au sommet de ce classement trône Jeff Bezos, fondateur et dirigeant d’Amazon, que Sydney Finkelstein n’hésite pas à décrire comme « meilleur PDG de l’année 2013 ». « Super compétitif, Jeff Bezos a pour objectif de battre les acteurs et les industries les plus faibles sur le marché. Son entreprise, devenue maintenant un géant, est aussi agile qu’une start-up », résume ainsi l’universitaire américain. En outre, Bezos a également su se distinguer des autres par sa capacité à maintenir une vision à long terme et à garder la tête froide, alors que la plupart des dirigeants de grandes entreprises peinent à obtenir les résultats trimestriels escomptés. Ainsi, Amazon devient le croisement incongru tout autant qu’efficace entre « UPS, New York Library et un entrepôt géant ». Bezos semble donc, aux yeux de Finkelstein, avoir su réinventé en profondeur un commerce en créant une astucieuse synergie. LE PDG d’Amazon rassemble donc les principales qualités du dirigeant idéal : excellent gestionnaire, bon communicant, manager hors-pair.

Eike Batista, loin derrière

A l’opposé de ce classement se trouve le PDG de la holding OGX/OSX. En effet, ce brésilien, qui doit sa fortune aux mines d’or qu’il possède, s’est récemment lancé dans une tentative d’exploitation d’un champ pétrolier offshore à la capacité théorique de dix milliards de barils. Sous-estimant les contraintes techniques, cette tentative mémorable a finalement fait long feu. En plus des 20 milliards de dollars accordés par des investisseurs, l’entrepreneur brésilien a perdu, selon Finkelstein, près de 99% de sa fortune personnelle, soit près de 30 milliards de dollars. « Eike Batista n'est pas un manager expérimenté dans cette industrie, mais un vendeur extraordinaire. ». Batista prend la succession, dans ce classement, de Brian Dunn, ancien PDG de Best Buy. C’est la quatrième fois que Sydney Finkelstein communique son classement, qui inclut pour la toute première fois le classement des meilleurs PDG.

mardi 10 décembre 2013

Norbert Reithofer : à la tête d’une firme à part

Au moment de lancer sa gamme de véhicules tout-électriques, BMW s’apprête à connaitre un véritable bouleversement. Son PDG a répondu aux questions des Echos le 2 décembre, et aborde cette rupture technologique tout en revenant sur la situation à part de firme bavaroise.





L’électro-mobilité, une rupture pour l’industrie automobile


Tout en assumant le positionnement premium de sa marque, M. Reithofer insiste sur la généralisation de l’électricité dans le secteur automobile ainsi que sur la densification du trafic automobile. En la matière, il se veut réaliste et assure que BMW est en mesure de répondre pleinement au défi du marché automobile de demain. En ce qui concerne par exemple la supposée faible autonomie des véhicules, il affirme ainsi qu’après une étude réalisée suite à une série de tests, « nous avons constaté que les véhicules parcourent seulement 60 kilomètres par jour en moyenne. Parmi ceux qui ont testé la voiture, 97% ont dit que l’autonomie du véhicule électrique était largement suffisante. » S’il reconnait un coup initial en recherche et développement élevé de la gamme i, c’est également parce qu’il s’agit d’un « projet d’apprentissage », dont les fruits seront également utilisés pour les futures générations de véhicules. La mobilité électrique semble par ailleurs constituer pour lui un véritable impératif en termes de stratégie : à ce titre, les pouvoirs publics européens se montrent peu incitatifs envers les constructeurs, notamment en termes de crédits octroyés, notamment au regard du support dont bénéficient certaines industries américaines.

Euro fort et compétitivité : BMW peut faire face

A ce titre, l’Union Européenne, mais également l’euro sont des leviers considérables aux yeux du PDG de BMW. Si Bruxelles manque parfois, selon lui, d’esprit de concertation, notamment en matière d’objectifs de réduction d’émissions de gaz à effet de serre, il n’en demeure pas moins vrai que BMW doit également une grande partie de son succès européen grâce à la construction européenne. En outre, BMW souffre quelques peu de la baisse de rentabilité de sa production. Sur de nombreux marchés, dans le secteur du haut de gamme, les prix sont également revus à la baisse, alors que les coûts de développement continuent d’augmenter. Malgré tout, M. Reithofer continue à viser une marge opérationnelle de 8 à 10% pour 2020. En ce qui concerne les alliances stratégiques dans un marché dominé par les groupes et les partenariats, le patron de la firme bavaroise se veut également confiant : si la situation de BMW parait singulière chez les constructeurs européens, notamment en terme de partage de coût de recherche et développement, il estime que BMW peut se passer d’une alliance globale, et souligne par ailleurs que la marque dispose de partenariats ciblés, notamment avec Daimler, Toyota, mais également PSA. Ces partenariats concernent aussi bien la motorisation que l’achat de fournitures. Il finit d’ailleurs par résumer ainsi : « L’un de mes prédécesseurs disait souvent : ce ne sont pas les grands qui battent les plus petits, mais les plus rapides qui dépassent les plus lents. »

Marc Simoncini : pionnier d’un nouveau marché


L’enrepreneur Marc Simoncini a été largement mis en avant par les médias au moment de la libéralisation du marché des lunettes. L’homme, fondateur de Meetic, a en effet lancé depuis trois ans Sensee, site de vente de lunettes et de lentilles à bas coût, une entreprise qui revendique déjà un statut de leader sur ce marché prometteur.

Un marché enfin ouvert 

La loi Hamon visant à libéraliser le marché de l’optique repose sur deux amendements centraux. Le premier stipule qu’il ne sera plus nécessaire d’être opticien pour détenir un fonds de commerce de ce type : un opticien salarié au sein d’une entreprise, qui conservera toutefois le monopole de la délivrance de lunettes, suffira désormais à se lancer sur ce marché. Ensuite, le deuxième point oblige surtout les ophtalmologues à indiquer l’écart entre les deux pupilles du patient : «Le principal argument des magasins pour empêcher Internet d'exister en France, à savoir notre incapacité présumée à mesurer l'écart entre les deux yeux, saute», commente Marc Simoncini. Son entreprise affiche d’ores et déjà des prix moitié moindre que ce que le marché classique de l’optique offre. Marci Simocini a notamment pu réduire considérablement les coûts grâce à l’absence de facturation du conseil de l’opticien et à l’absence de publicité. Pour la cour des comptes ainsi que pour le ministère chargé de la consommation, la mesure est salutaire, et devrait permettre de réduire de 1,3 milliards d’euros les dépenses de santé tout en permettant, d’après Marc Simoncini, d’équiper les 10 à 15% de français qui doivent faire face à l’impossibilité d’acquérir des lunettes.

Le Free de l’optique ?

Ami de Xavier Niel, l’ancien patron de Meetic ne cache pas son modèle: Free. Comme il l’affirme lui-même, Marc Simoncini doit parvenir à faire sa place sur un marché « particulièrement opaque », comme l’a fait Xavier Niel avant lui, au moment d’intégrer le marché oligopolistique de la téléphonie. « Comme pour les offres de téléphone, il est impossible de comparer les tarifs dans l'optique », affirme en outre le dirigeant de Sensee. Un nouveau modèle est-il donc en passe de s’arroger des parts de marché dans un milieu si particulier ? C’est ce que le PDG de Sensee veut croire : il estime, qu’à terme, la vente par internet pourrait représenter 10% du marché des lunttes et lentilles. A défaut de devenir un modèle dominant, la vente optique en lignes’apprête donc, la législation aidant, à faire son entrée sur un marché qui s’annonce pour le moins compétitif. Quoi qu’il en soit, si le mimétisme revendiqué par Simoncini va jusqu’au bout de sa logique, on devrait assister à une baisse rapide et brutale des prix en magasin. Ce qui était d’ailleurs le but originel de la loi.

mercredi 4 décembre 2013

Les conséquences inattendues de la suppression du PLF

Alors que les débats autour de la loi de finance 2014 se succèdent et promettent d’être animés, une des mesures phares de la loi de finance de 2013 suscite toujours le débat chez les chefs de petites entreprises : la suppression du prélèvement libératoire forfaitaire (PLF) et ses conséquences sur leur revenu.




Suppression du prélèvement libératoire forfaitaire : quel impact sur les contribuables ?


Cette disposition centrale prévue dans le cadre de la loi de finance 2013 est à double tranchant : supprimer le prélèvement libératoire forfaitaire coupe une entrée d’argent à un Etat qui en a farouchement besoin. En conséquence, si auparavant le chef d’entreprise qui se versait des dividendes avait le choix entre deux modes d’imposition (impôt sur le revenu d’un côté, et prélèvement à la source à taux forfaitaire de l’autre), il en va bien autrement aujourd’hui. En effet, les contribuables sont désormais contraints d’opter pour l’imposition au barème progressif, avec création d’une nouvelle tranche à 45% au lieu de 41% au-dessus de 150 000 euros annuels. L’abattement forfaitaire est également supprimé : il était de 1525 euros (pour un contribuable célibataire) ou de 3050 euros (pour des contribuables mariés ou pacsés). En outre, des contribuables qui n’étaient pas ou peu imposables, et principalement des gérants majoritaires de SARL, le deviennent. Cette nouvelle disposition risque de reposer en profondeur la question du statut de gérant majoritaire.

Les TPE en première ligne

Or, d’après la Fédération des TPE, on compte en France en 2013 pas moins de 2,5 millions d’entreprises de moins de 20 salariés. Si les contribuables percevant moins de 2000 euros d’intérêts par an conservent un PLF de 24%, il faut souligner que tous les dividendes perçus supérieurs à 10% du capital de l’entreprise sont désormais considérés comme étant des revenus, et sont de ce fait concernés par le prélèvement de cotisations sociales des Travailleurs Non-Salariés (uniquement). Un ménage recevant 5000 euros de dividendes n’était auparavant pas imposable sur ces revenus. Désormais, grâce notamment à l’abattement forfaitaire mentionné précédemment, il devra désormais appliquer un nouvel abattement de 40% sur ce revenu brut. En outre, débourser 3000 euros supplémentaires pour toucher 5000 euros de dividendes. Les revenus financiers deviennent donc un revenu comme un autre. Mais là encore, les situations inégales portent, dans une certaine mesure, à ce projet : un gérant majoritaire ayant du cash à disposition pourra donc faire face à ses obligations, mais quid du chef d’entreprise naviguant entre deux eaux, devant faire face à des difficultés ? Nombreux, sans doute, sont ceux qui doivent nécessairement se poser la question d’un changement de statut.

lundi 2 décembre 2013

Sébastien Bazin : son nouveau plan pour Accor

Sébastien Bazin, nouveau PDG du groupe hôtelier Accor nommé récemment à son poste, a procédé à une véritable mise à plat stratégique qu’il a présentée au conseil d’administration. Dans le viseur de ce grand nettoyage : en premier lieu une simplification du pilotage du groupe. Mais pas uniquement.


Une direction simplifiée

Globalement, c’est toute la stucture hiérarchique mais aussi géographique du groupe qui est profondément modifiée. Ainsi, l’organisation par marque, prévue par son prédécesseur, est largement revue, au profit d’une direction par zones géographiques, dont les directeurs siègeront désormais au comité exécutif. C’est d’ailleurs ce dernier qui est le premier concerné par le remaniement voulu par le nouveau patron du groupe : un nouveau poste de responsable de la transformation du groupe est créé, chapotant les Ressources Humaines et la division juridique. Des nouveaux postes vont également être créés et marquent le véritable tournant stratégique amorcé par l’ancien PDG de Colony Capital : un directeur des ventes et du commerce électronique, ainsi qu’un responsable de l’investissement hôtelier. Tous deux siègeront par ailleurs au nouveau comité exécutif, dont seule sort rescapée la directrice financière du groupe.

Marche arrière sur la location et sur les franchises

L’autre grand chantier annoncé, qui concerne plus l’orientation stratégique de l’entreprise que l’architecture organisationnelle du groupe, porte sur les contrats de location. L’externalisation à outrance via le recours de franchises est une politique qui semble être en passe d’être reconsidérée. En témoigne l’annulation de l’objectif d’un parc franchisé à 40% pour 2016 formulé par son prédécesseur, Denis Hennequin. En parallèle, M. Bazin souhaite profiter de cette dynamique pour revoir en profondeur la politique de contrats de locations qui semble avoir atteint sa limite. C’est d’ailleurs dans cette perspective que le nouveau PDG semble vouloir faire d’Accor un acteur particulièrement dynamique en matière d’investissement hôtelier.